Elle était là, sur le lit, nue. En tête à tête avec une brise artificielle. Elle posait doucement son corps sur les draps trop chauds, et laissait le souffle jouer avec sa peau. L'eau venait de la frapper, et il y avait dans cette scène une fraicheur folle. Tout allait bien, et elle repensait à la matinée dans les bras de l'Homme. Les bras de l'Homme ne sont pas spécialement forts, mais il savent la prendre, comme il le faut, juste assez fort pour que vienne tout ce qu'il y a à venir.
L'attente est toujours trop longue, mais en vaut la peine.
On n'a pas idée de ce qu'ils se passe entre deux cœurs amoureux. On ne sait rien des rideaux épais, des réveils aux yeux collés, du flou. On ne sait rien de l'orage des fleuves rouges. On ne sait rien tant qu'on ne vit pas.
C'est l'été, et les peaux comme les coeurs sont bien trop chauds et pleins de sable. Ils tentent d'oublier leurs maux dans l'eau salée.
Je hais l'été, foutu été.
La solitude des trois mois, l'oubli des sensations amoureuses retrouvées de temps à autre.
J'oublie ton corps, j'oublie tes traits quand le temps passe trop et même les photo ne prennent pas assez à l'âme.
Foutu été.
Tenter l'écriture, tenter les couleurs, tenter de sauver.
Mais il n'y a plus rien à sauver l'été. Les restes d'automne et d'hiver, peut-être.
Il n'y a pas de restes de printemps, tout est consommé entre des draps.
J'ai pris ton odeur ce matin. Je l'ai prise sur ma poitrine.
"Pour oublier je dors"